FAQ

1) Pourquoi avoir créé un collectif ?

Sur les idées simples et les objectifs bien définis qui sont les nôtres, nous voulons rassembler le plus grand nombre possible de personnes, qui par ailleurs n'auront pas les mêmes opinions, les mêmes convictions, sur beaucoup de sujets. Il est donc normal de réunir d'abord des associations qui portent toutes un intérêt direct ou indirect à la jeunesse, à l'enseignement, à la langue française .

2) Pourquoi l’avoir appelé « Permis de lire ! » ?

Les enfants, comme tout le monde, ont le droit de lire. Mais ils ne peuvent exercer ce droit que si on leur apprend à lire, ce qui est loin d'être le cas pour tous aujourd'hui. Enseigner correctement et à tous la lecture, c'est donner un véritable permis de lire.

3) Croyez-vous vraiment que tous les enfants peuvent savoir lire avant la fin du CP ?

Oui, pour la plupart, à condition d'appliquer des méthodes et des pratiques efficaces. Les élèves les plus lents, qui ne sauraient  pas lire avant la fin du CP, ne devraient pas entrer en CE1, mais recevoir un enseignement spécifique et personnalisé, fondé sur l'analyse précise de leurs difficultés et lacunes.
Enfin, les enfants totalement inaptes à la lecture sont très rares.

4) Mais qu'entendez-vous par « savoir lire » à la fin du CP ?

Savoir lire à la fin du CP, c'est au minimum : connaître les principes de l'écriture alphabétique et donc connaître à peu près toutes les combinaisons de lettres qui représentent par convention les sons de la langue française. Par conséquent, être capable de « déchiffrer l'écrit », c'est-à-dire de prononcer à haute voix les mots, même ceux dont l'élève ne connaît pas le sens ; et dans ce cas, avoir pris l'habitude de questionner le maître ou le parent capable d'en expliquer la signification.

5) Qu'entendez-vous par méthodes efficaces ?

Un enseignement efficace de la lecture est une pratique pédagogique qui :

  • Enseigne simultanément la lecture et l'écriture, par combinaison de lettres pour lire ou former des syllabes, et combinaison de syllabes pour lire ou former des mots, en faisant découvrir de manière explicite et dès le début de l'apprentissage les correspondances « lettres-sons » selon une progression rigoureuse et complète allant des sons simples aux sons complexes ;

  • Ne confronte à aucun moment l'élève à des mots qui feraient appel à des correspondances lettres-sons qu'il n'a pas encore apprises, type d'exercice fréquent dans les méthodes dites globales, semi-globales, mixtes ou encore intégratives ;

  • Entraîne à la lecture courante et signifiante, en faisant lire de nombreux textes à voix haute, s'assurant alors de la qualité de la lecture et de la compréhension de l'enfant.

6) Pourquoi ne pas dire alphabétique ou syllabique ?

À la rentrée 2007, pour répondre aux parents inquiets des méthodes après l'éclat de Gilles de Robien, des instituteurs pratiquant le départ global ont reçu le conseil de dire qu'après la phase de départ global, ils faisaient du syllabique (généralement du syllabique en désordre). Depuis, ces mots sont source de confusion.

7) Pourquoi parler uniquement du CP, et pas de la maternelle?

Notre objectif se place en sortie de CP, et ce qui se passe au CP est essentiel. Il va de soi que la maternelle peut faciliter ou au contraire compliquer le travail en CP.
Mais nous pensons que la diffusion dans les CP de pratiques efficaces aura immanquablement des conséquences sur la maternelle : en grande section pour le début de l'apprentissage de la lecture, en petite et moyenne sections pour le langage oral.

8) Et les parents ?

Les parents, les grands-parents, ont actuellement un rôle capital dans l'apprentissage de la lecture, car ils compensent les faiblesses de beaucoup d'écoles. Ils suivent presque toujours une méthode alphabétique. Lorsque les écoles auront adopté des méthodes efficaces, les parents et les instituteurs collaboreront pleinement, pour le plus grand bien des enfants.
L'école devra alors apporter un surcroît d'attention aux enfants que leurs parents ne peuvent pas aider, enfants qui sont largement sacrifiés aujourd'hui.

9) Ma fille a appris à lire à l'école avec une méthode mixte. Je ne l'ai pas aidée, et pourtant elle lit très bien et aime beaucoup lire.

Le docteur Ghislaine Wettstein-Badour  affirmait qu'apprendre à lire est très facile pour 50 % des enfants, très pénible et difficile pour les autres. Cela s'observe même dans une fratrie.
Si votre fille fait partie des premiers, si elle avait un maître ou une maîtresse compréhensif, si elle a un caractère optimiste qui lui a permis de supporter des pratiques dénuées de sens et le temps perdu qui caractérise beaucoup de méthodes mixtes, le résultat n'est pas étonnant. D'autres, notamment des enfants précoces, se révoltent contre ces méthodes et rejettent l'école.

10) N'y a-t-il pas d'autres causes d'échec que les méthodes d'enseignement, comme la dyslexie, les habitudes de vie dans certains milieux sociaux, etc. ?

Ces causes sont souvent invoquées comme expliquant l'échec scolaire et  exonérant l'Education nationale. Colette  Ouzilou  a décrit l'épidémie de fausse dyslexie causée par des méthodes désordonnées, qui engendrent  le désordre dans l'esprit des élèves. Les vrais dyslexiques sont rares, et  ils peuvent apprendre à lire.
Accuser le milieu social des difficultés scolaires revient à abandonner totalement l'idéal républicain (l'école de Jules Ferry, qui avait certes des défauts, mais qui croyait fermement à l'instruction de tous).

11) Comptez-vous vraiment sur des lois et règlements pour contraindre les instituteurs et les institutrices à changer leurs pratiques ?

Certes pas. La règle demeure la liberté pédagogique des enseignants. Mais d'une part la liberté suppose le choix et le choix suppose en l'occurrence la connaissance de l'existence de méthodes diverses, dont celles que nous considérons comme efficaces.
La liberté a aussi pour contrepartie la responsabilité : en l'occurrence la responsabilité d'apprendre effectivement la lecture à tous les enfants avant la fin du CP.
On ne peut pas contraindre les enseignants, mais il faut les placer dans un contexte qui les amène à réfléchir et à évoluer à leur rythme.